Fabien Roussel : Et si c’était lui la véritable révélation de cette campagne présidentielle ?
- TERRES DU NORD MATIN
- 8 févr. 2022
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Menée à bas bruit mais en usant de sa jovialité naturelle, sa campagne de terrain commence à porter ses fruits. Elle vise d’abord à renouer avec ces milieux populaires, autrefois attachés au Parti communiste et, depuis, très largement captés par Marine Le Pen et son Rassemblement national. Lui se veut le porte-parole des exclus et, plus généralement, des Français en difficulté. Il n’a nullement l’obsession de bouter les immigrés hors de France. Il fut ainsi un des premiers, dans la campagne, à parler de pouvoir d’achat, tout en défendant les traditions gastronomiques. Le "wokisme" n’est pas sa tasse de thé. Il l’assume. Même si personne ne l’attendait, Fabien Roussel taille sa route et ne rate aucune occasion de se distinguer.
Fabien Roussel, la reconquête à petits pas
Première étape, l’élection présidentielle. Fabien Roussel ne laisse à personne le soin de relever le défi. Il part de très loin, d’autant que les récentes départementales et municipales ont encore vu s’effondrer quelques-uns des ultimes bastions. Au moins, l’éparpillement des forces de gauche n’est-elle pas à son désavantage. Lui veut être le porte-parole d’une gauche réaliste, pas d’une gauche moralisatrice. Son programme annonce une « France des jours heureux ». Ce qui signifie « l’humain et la planète d’abord », passe par un « grand plan de réindustrialisation », avec une ardente défense du nucléaire, tout en faisant de la jeunesse « une grande cause nationale ».
Celui qui s'est fait connaître du grand public en revendiquant le droit à manger de la viande et "à bien manger", a vigoureusement dénoncé le bilan d'Emmanuel Macron. "J'ai demandé à Macron de recruter des enseignants et des soignants, il m'a dit que c'est trop cher. Mais ce qui coûte cher c'est la théorie du ruissellement de Macron. Moi ce que je vous propose aujourd'hui c'est le Roussellement!"
Le Roussellement qui se traduirait par l'embauche et la formation de 90 000 enseignants, le Smic net à 1500 euros mensuels, la semaine des 32 heures, et "non pas seulement le rétablissement de l'impôt sur la fortune mais son triplement".
Une sereine quête de parrainages
Pas à pas, Fabien Roussel fait ainsi entendre sa petite musique. Sans ménager sa peine et en répondant à toutes les sollicitations, sur le terrain, comme il se doit. Les parrainages ne l’inquiètent pas trop. Pas davantage ceux qui, telle la jeune députée Elsa Faucillon, s’inquiètent de sa connivence avec les adeptes d’un certain intégrisme laïque. Car les militants commencent à retrouver le moral. Sans oublier que ce qui se fait là doit aussi porter ses fruits lors des législatives qui suivront. Avec Fabien Roussel, le vote communiste redeviendrait-il, à gauche, un vote de raison ? En tout cas, s’il ne refuse pas les ralliements, il ne négocie rien. Arnaud Montebourg l’a constaté.
C’est le parti qui importe.

il avance à petits pas, avec sa petite musique . il a l'avenir devant lui .... je me souviens lors d'une interview, Georges Marchais excluant que le parti puisse être en dessous des 20% .